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Alicia Alonso
7 mai 2018
Portrait de la chorégraphe Alicia Alonso

« Prima ballerina assoluta » et directrice générale du Ballet national de Cuba, Alicia Alonso est la principale figure du ballet classique dans la culture hispano-américaine et l’une des plus illustres personnalités de l’histoire du ballet. Née à la Havane, elle commence sa formation en ballet en 1931 à l’école de danse de la Société Pro-Arte musicale. Elle poursuivra ses études aux États-Unis avec Enrico Zanfretta, Alexandra Fedorova et d’autres éminents professeurs de l’école de l’American Ballet.

Sa carrière professionnelle commence à Broadway en 1938, où elle fait ses débuts dans deux comédies musicales : Great Lady et Stars in Your Eyes. Un an plus tard, elle intègre l’American Ballet Caravan, l’actuel New York City Ballet. En 1940, elle se joint à l’American Ballet Theatre qui vient tout juste d’être fondé à New York. C’est le début de l’une des périodes les plus fécondes de sa carrière. Elle y danse des premiers rôles et devient la plus grande interprète des chefs-d’œuvre des répertoires classique et romantique. Elle travaille successivement avec Michel Fokine, George Balanchine, Léonide Massine, Bronislava Nijinska, Antony Tudor, Jerome Robbins et Agnes de Mille, parmi d’autres chorégraphes majeurs du XXe siècle. Alonso interprète les grands rôles dans des créations mondiales telles que Undertow, Fall River Legend et Thème et Variations. À titre de membre de l’American Ballet Theatre, elle se produit comme danseuse étoile dans de nombreux pays européens et latino-américains.

En 1948, désireuse de développer l’art du ballet à Cuba, elle fonde le Ballet Alicia Alonso à La Havane, l’actuel Ballet national de Cuba. Elle partage dès lors son temps entre l’American Ballet Theatre et sa propre compagnie, qu’elle réussit à maintenir sans soutien financier officiel. En 1959, le gouvernement révolutionnaire de Cuba lui offre son appui.

Alonso est réputée internationalement pour ses versions chorégraphiques de classiques du répertoire qui ont été reconnus et interprétés par les plus grandes compagnies, comme l’Opéra de Paris (Giselle, Grand pas de quatre et La Belle au bois dormant), l’Opéra de Vienne et le Ballet Théâtre San Carlo de Naples (Giselle), l’Opéra de Prague (La Fille mal gardée), le Théâtre de la Scala à Milan (La Belle au bois dormant) et le Ballet royal danois (Don Quichotte).

Personnalité éminente de la vie culturelle cubaine, elle a reçu des doctorats honorifiques de l’Université de Cuba, de l’Institut supérieur des arts de Cuba, de l’Université technique de Valence en Espagne et de l’Université de Guadalajara au Mexique. En 1982, on lui décerne l’Ordre El Águila Azteca, la plus haute distinction officielle au Mexique. En 1993, elle est nommée encomienda (commandeur) de l’Ordre d’Isabelle la Catholique, accordée par Juan Carlos I, roi d’Espagne. La même année, l’Université Complutense de Madrid met sur pied la Chaire de danse Alicia Alonso. Par la suite, une fondation de danse qui porte son nom est également créée ainsi que l’Institut supérieur de danse Alicia Alonso, rattaché à l’Université Rey Juan Carlos. La même année, elle devient membre honoraire de l’Association des metteurs en scène espagnols (ADE). En septembre 1996, un hommage public lui est rendu à l’Ateneo Científíco, Artístico y Literario de Madrid pour l’excellence de ses créations culturelles et artistiques. En 1998, on lui remet la médaille d’or du Cercle des beaux-arts de Madrid; la République française lui accorde le titre de Commandeur des arts et des lettres et le Conseil d’État cubain la décore à titre d’« héroïne nationale du travail » de la République de Cuba. En 2000, elle reçoit le « Prix Benois de la danse » qui vient souligner sa contribution artistique exceptionnelle. Elle est décorée de l’ordre José Marti, la plus haute distinction du Conseil d’État cubain. En janvier 2002, elle est nommée ambassadrice de la République de Cuba par le ministre cubain des Affaires étrangères. Puis, c’est l’UNESCO qui la nomme « ambassadrice de bonne volonté ». En 2003, le Président de la République française lui remet les insignes d’officier de la Légion d’honneur et en 2005, elle reçoit le prix de carrière Irène Lidova pour l’ensemble de ses réalisations à Cannes. Récemment, elle recevait des mains de leurs Majestés d’Espagne la médaille d’or du Mérite des beaux-arts du gouvernement espagnol.

Comme directrice générale et ancienne danseuse principale du Ballet national de Cuba, Alicia Alonso a été une inspiratrice et un modèle pour toute une nouvelle génération de danseurs cubains. Avec son style particulier, elle a laissé son empreinte dans l’univers international de la danse.

Beverley Aitchison
7 mai 2018
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