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Anna Akhmatova : poète, muse et témoin
17 janvier 2018
Anna Akhmatova

Anna Akhmatova est reconnue comme l’une des plus grandes poètes russes. Reconnue pour son élégance sobre et sa clarté saisissante, son œuvre déborde de vérité émotionnelle au niveau spirituel.

Née au sein d’une famille aristocratique à Odessa, en Ukraine, Anna Gorenko adopte le nom de sa grand-mère maternelle comme pseudonyme. Elle s’adonne à la poésie dès l’enfance. Dans la jeune vingtaine, Akhmatova adhère à l’acméisme en réaction à l’esthétique floue du symbolisme et défend un usage particulièrement sobre et soigné de la langue. En 1912, à l’âge de 23 ans, elle connaît un succès considérable à la suite de la publication de son premier recueil de poésie, Evening.

Dans la foulée des mesures répressives et du tumulte provoqués par la révolution, son premier mari, Nikolay Gumilyov, est accusé d’activités anti-bolcheviks et assassiné en 1921. Akhmatova se remarie avec Vladimir Shilejko, puis avec le critique d’art Nikolay Punin, lequel est plus tard détenu par les Soviétiques et périt dans les camps du Goulag. Reconnue pour son aura sexuelle et son charme, Akhmatova entretient plusieurs liaisons amoureuses tout au long de sa vie avec d’autres artistes respectés comme Boris Pasternak et Amadeo Modligliani.

L’ensemble de son œuvre est centré sur la douleur, la dévotion, la peur, la vulnérabilité et son expérience en tant que survivante et témoin des atrocités de la Russie stalinisée. En 1935, l’État arrête et détient Lev, son fils, pourtant innocent. Les journées passées devant la prison dans l’espoir d’avoir des nouvelles de lui, partageant la souffrance avec des milliers d’autres femmes affligées, l’ont inspirée à documenter cette expérience, autant pour elle que pour sa communauté de compatriotes endeuillés. Il lui aura fallu six ans pour composer – et 15 pour publier – Requiem, un poème cyclique évoquant un espoir sacré, un appel à la guérison. Initialement composé de quelques vers épigrammatiques, il est récité par quelques personnes de confiance qui l’apprennent par cœur et le propagent en secret avant de devenir un témoignage horrible de la souffrance infligée à la Russie sous l’emprise de Staline.

Anna Akhmatova décède à Moscou en 1965.

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Requiem
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