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Chostakovitch : Tristesse et désespoir en do mineur
17 janvier 2018
Chostakovitch

En juillet 1960, Dimitri Chostakovitch est à Dresde pour écrire la musique d’un film sur les bombardements de cette ville pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y compose son Quatuor à cordes no 8 en do mineur en seulement trois jours. Cette œuvre a par la suite été transcrite pour orchestre à cordes, dans une version connue sous le nom de Symphonie de chambre.

On se perd en conjectures pour expliquer la grande mélancolie et le profond désespoir qui émanent de l’œuvre. Chostakovitch a-t-il voulu y évoquer le fascisme et la guerre ? Sa vie en tant que dissident inavoué ? Est-ce le reflet d’une dépression profonde et de pensées suicidaires ? Chostakovitch avait certes des raisons d’être déprimé : il avait vécu pendant des années sous le régime stalinien et avait souvent été victime de la censure et de la répression pour ses compositions musicales. Il commençait à éprouver les signes d’une faiblesse musculaire dégénérative; et, ce qui est peut-être encore plus accablant, il avait récemment rejoint le parti communiste – vraisemblablement sous la pression politique.

Il est généralement admis que ce quatuor à cordes est une œuvre autobiographique, ce qui est appuyé par l’utilisation répétée du motif de la signature du compositeur — quatre notes, ré, mi bémol, do, si, qui en notation musicale allemande sont écrites comme D, S, C et H, les mêmes lettres de l’orthographe allemande de son nom, Dimitri Schostakowitsch. Alors que la partition est dédiée « aux victimes du fascisme et de la guerre », Chostakovitch écrivit dans une lettre à un ami :« Je me suis dit que si je mourais un jour, personne ne songerait à écrire une œuvre à ma mémoire. Aussi ai-je décidé de l'écrire moi-même. »

Dans le livret de l’enregistrement de l’œuvre par le Quatuor Borodine en 1962, le critique musical Erik Smith rappelait l’anecdote suivante : « Le Quatuor Borodine a joué cette œuvre pour le compositeur chez lui à Moscou, et a attendu ses commentaires. Mais Chostakovitch, submergé par cette magnifique interprétation de ses sentiments les plus personnels, prit sa tête entre ses mains et pleura. Quand ils eurent fini de jouer, les quatre musiciens rangèrent tranquillement leurs instruments et sortirent de la pièce. »

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