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Giselle: Grâce et équilibre parfaits
2 avril 2019
Nos danseurs Yui Sugawara & Alessio Scognamiglio en répétition pour Giselle

Giselle est un ballet qui parle d’amour et de trahison amoureuse. C’est un conte qui traite des vérités que l’on affronte avant de tourner la page, pour en arriver à l’acceptation et au pardon. Le rôle de Giselle est inspirant et convoitée par bon nombre de ballerines. C'est un réel un défi d’art dramatique qui inclut une scène de folie intense et mémorable que les danseuses rêvent d’interpréter. Giselle est un drame qui doit absolument remuer les foules. Le succès d'une production réside dans l'art transformationnel du personnage central : elle doit dépeindre le cœur, la douleur, la passion et l’ultime sacrifice pour sauver celui qui l’a trahie.

Dans Apollo’s Angels, qui traite de l’histoire du ballet, Jennifer Homans rappelle qu’au tournant du siècle dernier, le réalisme d’Alexandre Gorski semblait dépouiller le ballet de la moindre trace de romantisme : « Il a griffonné une note qui instruisait Giselle d’agir comme « une jeune créature capricieuse — ne dansez pas sur pointes (trop précieux). Sautez comme un chevreau et déchaînez-vous complètement. Mourez avec les jambes écartées, non pas en les posant l’une sur l’autre. »

Les refontes de Giselle ont illustré l’éclat dramatique et la virtuosité du personnage ou bien souligné son caractère innocent et pur de l’ère romantique. Ce rôle classique revêt une importance exceptionnelle pour bien des danseuses puisqu’il exige que l’interprète maîtrise la technique et l’utilise avec expression, en plus d’incarner un tourbillon d’émotions, mais sans tomber dans les clichés. Comme l’a exprimé la prima ballerina assoluta Alicia Alonso : « L’histoire de Giselle se trouve tout entière sur scène. Si elle n’est pas racontée, alors il est impossible aux autres willis… Il s’agit de suivre le fil logique de l’histoire et de baser la pantomime sur la réalité. »

Giselle a procuré un véritable triomphe à Anik Bissonnette, l’ancienne première danseuse des Grands Ballets. À son souvenir, le rôle « transcende la technique ». Comme dans tous les ballets classiques, « il faut maîtriser les pas, mais ce qui distingue ce rôle, c’est que le personnage passe vraiment par la gamme des émotions. Giselle est une héroïne, d’abord transportée de joie, qui éprouvera de la tristesse et de la mélancolie, mais plus que tout, qui souffrira du tourment de la trahison. Tout le monde a vécu cette humiliation, cette rupture, d’une façon ou d’une autre. Voilà pourquoi ce ballet touche autant de gens et pourquoi il est si gratifiant pour une danseuse. »

« Tout le monde a vécu cette humiliation, cette rupture, d’une façon ou d’une autre. Voilà pourquoi ce ballet touche autant de gens et pourquoi il est si gratifiant pour une danseuse. »

Bien des interprètes de Giselle parlent d’atteindre la technique parfaite en fait de grâce et d’équilibre, ainsi que du besoin d’y conférer une richesse pour saisir le rôle. La maîtrise physique, la conviction et la concentration reflètent le regard de la première danseuse Andrea Boardman sur ce rôle. Durant ses 21 ans au sein des GB, Mme Boardman a eu la chance d’incarner Giselle à quatre occasions différentes, « et avec quatre partenaires différents! », raconte-t-elle. Depuis la première fois où elle a vu une représentation de Giselle en 1978 avec Gelsey Kirkland et Mikhaïl Baryshnikov au Lincoln Centre à New York, elle dit avoir su qu’elle devait danser ce ballet. « Quelque chose m’interpellait dans le caractère à la fois fragile et profondément fort de Giselle. »

Pour Mme Boardman, chacune de ces occasions a été aussi éprouvante quant aux exigences de la technique et de l’interprétation du personnage, mais elle a « adoré le processus de réflexion puis le fait d’avoir à se plonger corps et âme dans l'élaboration du rôle. C’était fascinant d’explorer la transformation de l’innocente paysanne meurtrie par la tromperie et poussée à la folie pour se métamorphoser en esprit dématérialisé qui réussit à trouver le pardon dans son cœur. »

Le talent artistique incomparable d’Andrea Boardman se reflète dans le fait que dans son esprit, elle repassait « constamment le ballet longtemps après les répétitions, en quête d’un petit détail ou d’une intention qui exprimerait la profondeur du personnage. » L’imagerie et la musique étaient d’importantes sources d’inspiration qu’ils l’ont amenée à trouver un sens dans chaque geste ou mouvement. « Découvrir comment façonner le phrasé musical a aidé à soutenir l’imposante rigueur technique qui était nécessaire. Chaque note de musique donnait forme au courant lyrique qui transcendait le caractère physique du rôle pour en faire une expérience presque spirituelle », dit Mme Boardman. « C’était tout un contraste de plonger dans la scène de folie, qui exigeait une si puissante expression d’émotion. Et pourtant, j’ai constaté qu’en m’abandonnant à ressentir cette vulnérabilité tout en demeurant fidèle au personnage, ce moment me paraissait bien plus sincère en cherchant ma propre interprétation de ce classique intemporel. »

par Philip Szporer

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