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La naissance du cygne
7 février 2019

Le Lac des cygnes est assurément l’un des ballets les plus connus à travers la planète. Entre sa création – d’abord très mal reçue par la critique - il y a bientôt 150 ans, son adaptation cinématographique (qui a valu à Natalie Portman l’Oscar de la meilleure actrice en 2011) et ses innombrables reprises sur les scènes du monde, l’œuvre possède depuis longtemps le statut d’immortel.

Il faut retourner en arrière pour mieux comprendre les hauts et les bas de ce grand classique. Durant l’été de 1875, le compositeur Tchaïkovski a été invité à créer un ballet par l’Intendant du grand théâtre de Moscou, Vladimir Pétrovitch Begitchev, qui a lui-même signé le livret avec le danseur étoile Vassili Fiodorovitch Geltzer à partir de légendes et de contes, dont le Voile dérobé, issu des contes populaires allemands. Emballé par l’offre financière (environ 5000 roubles) et la possibilité de créer un genre musical auquel il rêvait depuis longtemps, Tchaïkovski a tenté de relever le défi.

Malheureusement, la première du Lac des cygnes, en 1877, fut un échec brutal. Les critiques ont souligné que le chorégraphe Wenzel Reisinger n’avait pas de génie, que le livret était mal construit et, affront suprême, qu’on ne comprenait pas la musique. Quelques années plus tard, Marius Petipa a réécrit le livret et demandé au compositeur de remanier son œuvre. Résultat : la nouvelle version, présentée en 1895 au Théâtre Marie de Saint-Pétersbourg, a été un triomphe! Tchaïkovski n’a malheureusement jamais pu goûter à ce succès, décédé deux ans plus tôt.

Aujourd’hui, Le Lac des cygnes fait figure d’archétype du grand ballet académique pour les Français. Et ce, même si une version complète a été présentée pour la première fois en 1958… par une troupe russe, soit 47 ans après la présentation d’extraits du ballet, en 1911. Cinq décennies plus tard, l’œuvre est entrée dans le répertoire du célèbre ballet de l’Opéra de Paris, en 1960. Par la suite, Rudolf Noureev a présenté une version résolument psychologique du ballet dans la Ville lumière.

Ne cessant d’inspirer les créateurs depuis bientôt 150 ans, Le Lac des cygnes a aussi été réinterprété par la fougueuse chorégraphe sud-africaine, Dada Masilo, était récemment de passage à Montréal avec une version dans laquelle le prince est gai, les danseuses autant que les danseurs portent des tutus, les blagues sont nombreuses et les émotions palpables, tandis qu’en 2016, le public français a même pu assister à une version sur glace, avec le patineur Philippe Candeloro dans le rôle du magicien Rothbart.

La version présentée par le Ballet national de Pologne, bien que classique dans sa mise en scène et se rapprochant à ce titre de l’originale, met en scène le tsarévitch Nicolas, déchirée entre Alix de Hesse, son amour de jeunesse, et une ballerine, dans la Russie du Tsar Alexandre lll. Inspirée par une anecdote célèbre de l’Histoire, Le Lac des cygnes de Krizstof Pastor relate les amours de Mathilde Kschessinska, qui incidemment est l’une des premières à avoir intégré les 32 fouettés du troisième acte.

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