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Le premier ballet de Simon-Albert
07 mai 2018
Générale du ballet Vendetta

J’ai récemment eu mon baptême de ballet lors de la première de Vendetta, la dernière création des Grands Ballets. Je suis entré dans la salle Wilfrid-Pelletier en analphabète total et assumé de la danse avec des attentes correspondant à peu près à celles de n’importe quel néophyte : le tutu, la musique classique, Casse-Noisette... J’ai bien entendu eu droit à autre chose!

Le rideau s’est ouvert sur une histoire tout droit sortie d’un film de gangsters : trois clans de la mafia sicilienne de Chicago s’entremêlent, se confrontent, s’allient, se trahissent, font la paix, se retrahissent, refont la paix. Aucun cliché n’y échappe : le trafic de stupéfiants, le mariage exubérant, les vengeances sanglantes, et même le souper de pâtes en famille.

Alors qu’une poignée de furieux solos ponctuent l’imposante performance de deux heures, ce sont les séquences de groupe qui donnent un sens au mot spectaculaire. Il y a quelque chose de puissant à fixer une vingtaine de danseuses et danseurs enveloppés dans des costumes qui semblent échappés d’un vidéoclip de Smooth Criminal, qui tourbillonnent à l’unisson dans un cafouillis de gestes chorégraphiés, le tout rythmé par une trame sonore qui passe de Frank Sinatra à des morceaux d’électronique minimale.

Assez vite, ça devient plutôt clair : l’histoire est l’excuse pour la danse. Le ballet contemporain reste avant tout un langage; un lexique de gestes, postures et mouvements qui rendent obsolète la nécessité d’une langue parlée. Le vocabulaire non-verbal est suffisamment riche pour qu’on puisse y projeter nous-mêmes les dialogues entre les personnages. En ce sens, Vendetta capture allègrement l’essence des récits sanglants de la pègre et, à travers ce thème résolument kitsch, se trouve l’éternel langage du corps qui transcende tous les clichés.

Simon-Albert Boudreault
Alicia Alonso
07 mai 2018
Portrait de la chorégraphe Alicia Alonso
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