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Ma deuxième fois au ballet : Le Lac des Cygnes
18 mars 2019

Du Lac des Cygnes, je ne connaissais que l’air le plus de Tchaïkovski, et au ballet, je n’y étais allé qu’une seule fois, pour assister à Casse-Noisette, classique de Noël depuis plus de 50 ans.

On m’avait prévenu, je n’assisterais pas au récit traditionnel du Lac des Cygnes, conte de fée d’origine allemande, mais à une histoire transposée à la Cour impériale russe, à la fin du 19e siècle, au temps du compositeur.

Le prologue musical invite à la rêverie et l’introspection. L’immense rideau rouge de la Salle Wilfrid- Pelletier est clos. Toute la place est faite à la musique. Dans la fosse d’orchestre, je devine les musiciens, même si je ne les vois pas. J’aime beaucoup ce moment : être purement dans la musique, sans distractions. Je peux me concentrer à l’écouter.

C’est un court moment. Le rideau se lève sur une salle de bal fastueuse. Je suis impressionné par les décors gigantesques, et la quantité d’interprètes et de personnages (ballerines, danseurs, tsar, reines, gardes, prêtres) qui dansent dans tous les sens, sous mes yeux. Ils sont soizante-douze artistes du Ballet national de Pologne, sans compter les jeunes figurants de Montréal.

C’est une valse, je reconnais la pulsation sur trois temps. Dans ce tableau, on ne sait plus où regarder tellement il y a d’action : les ballerines et leurs tulles s’envolent, portées par des danseurs à leur service. Et c’est ma grande surprise : les ballerines sont les principales héroïnes du spectacle. Elles sont dans la lumière. Je suis sans doute naïf et j’aurais dû m’y attendre, mais ça me frappe. Leurs solos se succèdent, nombreux, précis, et attendus par le public qui applaudit presque toutes les deux minutes pour acclamer une performance impressionnante. C’est une espèce de rap battle de la danse classique. Lors de la chorégraphie des militaires, je crois même apercevoir du hip-hop et du gumboot! Je comprends alors que le récit est en fait un prétexte à la danse tantôt classique, mais aussi plus moderne, et aux prouesses de ces athlètes. Car évidemment, ce sont des athlètes, en parfait contrôle de leur art. Leur outil est leur corps, finement animé par leur guide, la musique. Celle de Tchaïkovski est émouvante et précise, composée comme une dentelle, et les musiciens sont mis à contribution pour exprimer tantôt la joie, la féérie, tantôt le désir ou la nostalgie. Le chef d’orchestre dirige en direct, s’assurant de faire jouer la musique au rythme des ballerines sur scène. Le Lac des cygnes se révèle être un ballet impressionnant, et un plaisir pour les yeux et les oreilles. Je reviendrai!

Par Félix Delage-Laurin

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