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Réserve-moi la dernière danse
7 mai 2018
Les danseurs Constantine Allen et Emily He devant une fresque de Leonard Cohen

Même ceux qui sont peu familiers avec Leonard Cohen, qui peut-être reconnaissent son emblématique feutre gris ou, plus vraisemblablement, son timbre particulièrement grave, connaissent le classique « Dance Me to the End of Love » du légendaire auteur-compositeur-interprète montréalais. Cette chanson de 1984 a été reprise d’innombrables fois par des artistes aussi divers que la chanteuse de jazz Madeleine Peyroux et la DJ et productrice techno Misstress Barbara. Le peintre écossais Jack Vettriano a emprunté son titre pour l’une de ses toiles et une compagnie danoise a même joué un spectacle obsédant, inspiré de Cohen, Dance Me to the End On/Off Love, au Théâtre Centaur il y a quelques années.

Dès la première écoute, la chanson témoigne du penchant de Cohen pour les histoires d’amour vouées à l’échec. Mais des paroles mystérieusement évocatrices comme « Dance me to your beauty with a burning violin / Dance me through the panic till I’m gathered safely in » font également allusion aux quatuors à cordes qui jouaient dans les camps de la mort nazis alors que d’autres prisonniers étaient incinérés ou gazés, comme Cohen lui-même l’expliquait aux journalistes après la sortie de la chanson.

C’est précisément cette introspection profondément mélancolique sur la vie, la mort et le caractère éphémère de toute chose qui fait de la musique de Cohen une expérience d’écoute essentiellement personnelle. Les fans de Cohen aiment méditer sur la beauté énigmatique et le désespoir romantique de ses chansons dans une sorte d’isolement cathartique, à l’inverse des chansons qui incitent à taper du pied ou à chanter en chœur.

S’il y a une chose que Cohen partage avec tant de grands noms de la danse, c’est bien cette prédilection pour le silence et son pouvoir d’évoquer des sentiments qui dépassent les limites du langage. Ce qui fait écho en somme à l’intention qui habite les danseurs : transmettre des émotions en transcendant non seulement les mots, mais également les rythmes et les modulations. Cohen y est arrivé sans effort, parfois par la simple intensité d’un regard. Aujourd’hui, certains de nos chorégraphes les plus appréciés puisent dans les paroles passionnées de ses chansons et s’abandonnent sur scène à leur beauté.

Aucune chorégraphie ne sera dansée sur la musique de Leonard Cohen lors du spectacle, celui-ci sera cependant ponctué d'interprétations de certaines de ses plus grandes chansons, par Les Petits Chanteurs du Mont-Royal.

Les Petits Chanteurs du Mont-Royal chantent Leonard Cohen
7 mai 2018
Les Petits Chanteurs du Mont-Royal chantent Leonard Cohen
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