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S’entraîner (presque) comme un danseur de ballet
18 mars 2019

Le soleil des premiers jours de mars m’éblouit, lorsque je me dirige vers les Studios des Grands Ballets. Après des années à m’extasier devant le talent, la souplesse et la force des danseurs, j’ai été invité à suivre un entraînement inspiré de leur discipline. Je ne suis pas exactement dans mon élément. J’ai à mon actif six cours de danse contemporaine et mes années de yoga m’ont permis de développer une conscience corporelle non négligeable, mais j’ai le sentiment que ma zone de confort est à des kilomètres de l’édifice Wilder. Peu importe. Dans mes oreilles, RuPaul fredonne : « And if I fly or if I fall / Least I can say, I gave it all / And if I fly, or if I fall, I’m on my way! ».

Je sors des vestiaires avec mes leggings à pois, mon chignon sur la tête et la détermination dans le tapis. Je rencontre aussitôt la professeure, Chantal Dauphinais, que j’ai souvent vue à la télévision. Sa gentillesse et sa non prétention me rassurent instantanément. L’échauffement débute. J’apprends ce qu’est la première position. Mon exécution n’a rien de parfait, mais à force d’observer les autres participants, qui ont vraiment autre chose à faire que de me juger, je me replace. Pendant 45 minutes, mon corps en entier sera sollicité. Chantal nous rappelle, avec un sourire en coin, la pertinence du mot « entraînement » dans notre activité. Nos muscles travaillent vraiment fort. On essaie de suivre les mouvements. La musique – des airs de ballet grandiloquents – crée une bulle d’intensité dans laquelle on trouve une force supplémentaire.

Cela dit, à force de tenir les bras dans les airs avec un minimum de grâce, l’acide lactique se fait sentir. Je prends trois courtes pauses durant le cours, puisque je n’ai personne à impressionner. Je réalise que chacun a ses forces. Lorsque nous sommes couchés au sol et que nous enchaînons les séries d’abdominaux en faisant virevolter nos jambes dans les airs, je m’en tire comme si j’avais fait ça toute ma vie. Évidemment, quand je me vois traverser la salle en essayant d’imiter la course des danseurs, je me dis que Raphaël Bouchard et Jean-Sébastien Couture ne m’auront pas de sitôt comme collègue au sein des Grands Ballets. Je m’amuse tout de même à pratiquer mes révérences. Je réitère mon admiration pour ceux qui façonnent leur corps pour danser professionnellement. Je prévois demander un peu de coordination pour ma fête en juin. Mais je sors de là heureux, énergisé... et comme le chanterait RuPaul : au moins, je peux dire que j’ai tout donné!

par Samuel Larochelle

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