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Edward Clug
7 septembre 2017
Chorégraphe Edward Clug

En 1983, le jeune Edward Clug, âgé de 10 ans, s’inscrit à l’École nationale de ballet de Cluj-Napoca en Roumanie, entrevoyant ainsi une issue à la dictature répressive de Ceausescu. Ses années d’études sont très dures, jusqu’à l’effondrement du régime communiste en 1989. Deux ans plus tard, en 1991, Clug termine sa formation, et en septembre de la même année, il tente sa chance au Théâtre national slovène de Maribor. Il obtient son premier engagement au moment où la Slovénie commence à voler de ses propres ailes, juste après avoir quitté la Yougoslavie.

Au Ballet de Maribor, il fait la connaissance du célèbre metteur en scène slovène Tomaž Pandur et commence à travailler avec lui comme danseur dans ses productions d’avant-garde. Remarquant son potentiel créatif, Pandur le sollicite pour concevoir la chorégraphie du spectacle Babylone, créé en 1996.

Après sa première expérience chorégraphique, Clug amorce une nouvelle aventure artistique, et, en 1998, crée son premier projet indépendant, Tango, en collaboration avec le concepteur de costumes Leo Kulaš et le scénographe Marko Japelj, qui constituent depuis son équipe créative permanente, à laquelle se joindra, en 2008, le compositeur Milko Lazar pour Prêt-à-porter.

En 2003, Danilo Rošker, le nouveau directeur général du Théâtre national slovène, le nomme directeur artistique du ballet. Clug entame son mandat en redéfinissant les orientations de la compagnie. En 2005, il crée Radio & Juliet sur la musique de Radiohead. Ce succès lui attire une attention mondiale, en raison de son style chorégraphique particulier. Il entreprend des projets de création avec d’autres compagnies de ballet à travers le monde et réussit également à faire connaître le Ballet de Maribor sur la scène internationale. Le Ballet de Maribor participe aux plus grands festivals des arts de la scène avec ses chorégraphies, notamment le Festival Jacob’s Pillow aux États-Unis, le Festival Les étoiles des nuits blanches au Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, le Festival of Firsts à Pittsburgh, l’Arts Festival à Singapour, le Festival de Biarritz en France, le Festival O Boticário na Dança au Brésil, le Festival de danse de Tel Aviv, le Festival Sintra au Portugal, le Festival des arts de Saint-Sauveur, le Teatro Piccolo à Milan et le Dance Open Festival à Saint-Pétersbourg. La compagnie se produit également aux Pays-Bas, en Italie et dans les pays de l’ex-Yougoslavie.

Au fil des ans, Clug a développé des liens solides avec les prestigieux Ballets de Stuttgart et de Zurich, où il a créé plusieurs œuvres et où il travaillera à de nouvelles créations dans un avenir proche. Ces dernières années, il a également établi une collaboration fructueuse avec le Netherlands Dance Theatre. Après avoir signé deux œuvres pour le NDT 2, il fait ses débuts au cours de cette saison avec le NDT 1. Il a aussi été invité à créer de nouvelles œuvres pour le Ballet royal de Flandre, le Ballet national de Lisbonne, la Station Zuid Company, le Ballet national croate à Zagreb, le Ballet national de Croatie de Rijeka, le Ballet national de Bucarest, l’Aalto Ballett à Essen, la compagnie Bitef à Belgrade, Graz Tanz, le Ballet national d’Ukraine à Kiev, le StaatsBallett am Gartner Platz à Munich, le Ballet d’Augsburg, le Hessisches Staatsballet de Wiesbaden, le West Australian Ballet à Perth et le Ballet de Novossibirsk.

L’œuvre de Clug est récompensée de plusieurs prix nationaux et internationaux. Il a également été en nomination pour un Golden Mask Award en 2010 pour la production Quattro et a obtenu les plus grandes récompenses de l’État slovène dans le domaine de la culture, soit le Prix de la Fondation Prešern en 2005 et le Glazer Charter en 2008. Clug était en nomination cette année pour le prestigieux prix Benois de la danse pour sa pièce Handman, créée pour le NDT2.

Mot du chorégraphe

Le Stabat Mater de Pergolèse constitue l’une des nombreuses « représentations » musicales de la douleur de la Vierge Marie devant Jésus, son fils crucifié. La composition elle-même reflète l’expérience et le point de vue personnel du compositeur sur le récit biblique.

En écoutant la musique de Pergolèse, et par la suite, au cours de mon exploration chorégraphique, j’ai été d’emblée bouleversé par sa pureté, sa simplicité, et à certains moments même, par ses exclamations joyeuses, qui ne reflètent certainement pas la douleur, mais plutôt sa « conséquence » intrinsèque : l’espoir.

L’espoir que porte la musique de Pergolèse, davantage que la douleur et l’angoisse de la mère, m’a donné l’impulsion irrésistible de saisir cette occasion unique de repenser la relation entre cette scène biblique précise et ma propre compréhension du chef-d’œuvre de Pergolèse.

Sans aucun doute, la chorégraphie est une interprétation allégorique explicite de l’iconographie biblique traditionnelle. Pourtant, teintée de l’ironie de la vie de tous les jours, l’œuvre possède un caractère intime et intemporel, qui reflète notre vision personnelle de la relation mère-fils.

« De l’œuvre émane une atmosphère rarement vue et vécue. L’auteur célèbre la vie en l’abordant dans toutes ses dimensions, qui s’emboîtent les unes aux autres sans imposer un thème particulier. Son regard est ironique, mais toujours sérieux et attentif aux petits miracles que la vie réserve. Merci, Edward Clug ! »
- Susanne Ernst, Theatre To Go

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